Plage Navarrosse SAN - Société des Amis de Navarrosse-Biscarrosse, association 1901 agréée au titre de l'article L.141-1 du code de l'environnement.
FRANCAIS  ENGLISH  Ajouter aux FAVORIS  CONTACT  REFERENCES 
 
 
ACCUEIL
   DOCUMENTS
      GENERALITES
      POLLUTION EAUX
         Résumé
>       Eutrophisation
         Cyanobactéries
         Mécanisme poll.
         Toxicité
         CMA
         Situation actuelle
         Moyens d'action
      TOXICITE POISSON
      CONTAMINANTS
   FLORE
   ASSOCIATION
   ANALYSES
   GLOSSAIRE
   REFERENCES
   LIENS

   
  

EUTROPHISATION

Qu'est-ce que l'eutrophisation ?

L'eutrophisation est le processus d'enrichissement de l'eau en nutriments. L'évolution est la suivante :

  • Dans un premier temps l'eau se trouble ce qui la rend peu propice à la baignade. Elle peut aussi dégager une odeur peu agréable.

  • Puis les algues, dont certaines peuvent être toxiques, continuent à se développer. La baignade, devenue dangereuse est interdite.

  • Progressivement les poissons disparaissent.

L’eutrophisation est donc le passage d’un stade pauvre en éléments nutritifs (on parle alors d’un état oligotrophe) à un stade riche en ces éléments (état eutrophe). C'est une évolution naturelle des milieux lacustres.

Ce processus de vieillissement est, en général, très lent et se produit à l’échelle des temps géologiques. Les activités humaines peuvent considérablement l'accélérer. C’est alors un dysfonctionnement du processus d’eutrophisation appelé dystrophisation (ou parfois eutrophication).

Quelles sont les causes de l'eutrophisation ?

Le développement de micro algues, le phytoplancton, est dû à la richesse des eaux en azote et phosphore. Suivant la teneur relative en ces deux éléments soit le phosphore soit l'azote limite le développement. Toutefois, en pratique, il est très difficile de réduire suffisamment la teneur en azote pour obtenir un effet sur la croissance des algues.

La principale cause non naturelle de l'eutrophisation est donc le phosphore.

Les sources de nutriments sont les activités agricoles qui utilisent nitrates et phosphates dans les engrais, mais aussi les effluents industriels et de stations d'épuration. Dans ce dernier cas, ce sont les phosphates présents dans les détergents des lessives qui sont les plus à redouter.

Quels sont les différents stades de l'eutrophisation ?

Une eau très peu chargée en éléments nutritifs est oligotrophe. Quand la quantité de nutriments augmente on passe au stade mésotrophe (moyennement riche en nutriments), puis eutrophe et hypereutrophe.

Comment détermine-t-on le degré d'eutrophisation ?

Les trois principaux paramètres qui permettent de définir le degré d'eutrophisation sont :

  • La concentration de l'eau en nutriments phosphates et nitrates (principalement phosphates).

  • La charge organique par mesure de la teneur en chlorophylle

  • La transparence de l'eau par mesure de la profondeur de Secchi .


Etat trophique

Caractéristiques

Concentration totale en P

(µg/L)

Oligotrophe

Pauvre en nourriture, eaux claires avec peu de sédiments et d'activité biologique

0 à 10

Mesotrophe

Productivité et transparence intermédiaires

10 à 20

Eutrophe

Forte teneur en nutriments, problèmes de traitement de l'eau pour le goût et l'odeur.

25 à 100

Hypereutrophe

Eaux troubles et très productives, présence de cyanobactéries pouvant produire des toxines

> 100

(traduit de John Stednick Professor Department of Earth Resources Colorado State University).

Quelles sont les conséquences de l'eutrophisation ?

L’eutrophisation débute par une augmentation en éléments minéraux, principalement les dérivés du phosphore et les nitrates. Cette richesse en sels minéraux provoque un développement excessif du phytoplancton créant une accumulation de matières organiques. La décomposition bactérienne de ces masses végétales a pour conséquence une diminution de la teneur en oxygène dissous avec, parfois, dégagement de gaz nauséabonds tels que l’hydrogène sulfureux (H2S). Parallèlement la turbidité de l’eau augmente progressivement. Ceci se traduit par une réduction considérable de la faune aquatique qui est très sensible à la teneur en oxygène dissous. Les premiers touchés sont les poissons nobles. La présence de salmonidés (truites...), les plus sensibles à la teneur en oxygène, dénote un état oligotrophe, alors que les brèmes, perches, gardons tolèrent un début d’eutrophisation. La teneur en oxygène dissous est, d’ailleurs, un des paramètres périodiquement mesurés par la DDASS.

Une forte eutrophisation peut rendre l’eau impropre à la consommation, même après traitement, ainsi qu’à la baignade. L’eau prend souvent, alors, une coloration verdâtre ou rougeâtre. Dans les cas les plus graves, la quantité d'algues est telle que l'usage de bateaux devient impossible, le stade ultime étant le comblement du plan d'eau.

Il ne faudrait pas croire que ceci est un scénario catastrophe. La plupart des lacs des Alpes ainsi que les grands lacs de l’Amérique du nord sont aujourd’hui à un stade de dystrophisation avancé, très difficilement réversible. Il existe quelques cas de lacs dont l’état trophique s’est amélioré au prix de gros efforts concernant l’assainissement : les lacs d’Annecy et de Nantua, par exemple.




Copyright  SAN 2011    Last update : 2011/10/11 11:28 PL&BL        346 rue des Nasses 40600 BISCARROSSE